TDAH – « Mon enfant est-il hyperactif ? »

Le TDAH, Trouble De l’Attention avec Hyperactivité, est classiquement appelé « hyperactivité ».
Ce nouveau diagnostic, venu des États-Unis, est aujourd’hui en pleine expansion.
Mais quelle est cette nouvelle « maladie de l’agitation » ?

Le TDAH ou syndrome hyperkinétique, dit « hyperactivité », est une entité psychiatrique relativement récente.
Ce diagnostic est posé chez les enfants présentant les symptômes suivants :
- déficit de l’attention ou de la concentration ;
- impulsivité ;
- hyperactivité.
En pratique, il s’agit le plus souvent d’enfants entre 3 et 7 ans, excessivement agités, ne pouvant tenir en place quelques minutes ni se concentrer.
L’impulsivité s’illustre dans la brutalité de leurs mouvements ou de leur comportement.
Ce trouble est très invalidant pour l’enfant, au niveau social, amical, familial et scolaire.
Il nécessite une prise en charge pluridisciplinaire incluant :
- psychothérapie individuelle ;
- psychothérapie familiale ;
- rééducation orthophonique ;
- rééducation psychomotrice ;
- prise en charge éducative spécialisée et collaboration avec l’école ;
- traitement médicamenteux adapté et discuté au cas par cas.
Les causes du TDAH ne sont pas clairement identifiées, on les dit « multifactorielles », associant un terrain prédisposé neuro-génétique et des interactions familiales et sociales pathologiques.

Voilà tout pour la théorie psychiatrique, maintenant, place à la discussion !

J’imagine votre inquiétude grandissante à la lecture de ces lignes.
Nombre d’entre vous peuvent reconnaître leur enfant dans cette description.
Pourtant, rassurez-vous, la présence modérée de ces éléments est tout à fait banale et normale chez les petits.
En psychiatrie, ce n’est pas la présence d’un signe qui est pathologique, c’est son intensité et son retentissement fonctionnel (sur la vie sociale, scolaire et familiale) !
Vous devez bien comprendre qu’il faut que l’agitation soit grave et permanente pour que l’on parle de réelle hyperactivité.
Ces enfants ne peuvent pas suivre à l’école, accéder aux apprentissages, ou se faire des amis.
Alors, êtes-vous bien sûr que c’est le cas de votre petit énergumène ?
- S’il peut regarder sagement son dessin animé préféré, il n’est pas hyperactif !
- S’il peut jouer avec vous, ou avec des copains, plus de 5 minutes, il n’est pas hyperactif !
- S’il se calme ou se concentre lorsqu’on ne s’occupe que de lui, il n’est pas hyperactif !

Je prends les paris : 99 % d’entre vous n’ont pas d’enfant atteint d’un TDAH !
Vous avez plus probablement un chérubin agité, exclusif avec ses parents ou la maîtresse, ou présentant quelques angoisses de séparation, voire un manque de confiance en soi…

Effectivement, et c’est là le principal message de cet article, l’hyperactivité est un trouble rare, le plus souvent fantasmé par les parents ou la maîtresse, et il faut l’avouer aussi, trop souvent « sur-diagnostiqué » par les « psy » !

Les enfants sont naturellement agités, et lorsque cet élément devient excessif, il faut se demander ce que cela signifie avant de se ruer sur un diagnostic psychiatrique comme le TDAH.
Ma grand-mère n’était pas psychanalyste, loin de là, mais comme la vôtre, elle savait que l’excitation excessive d’un enfant témoigne probablement d’une angoisse ou d’un problème familial.
Il est sage de faire confiance aux anciens, et de ne pas chercher à tout prix à médicaliser le bon sens !
En effet, un enfant débordé, soit par une difficulté familiale (divorce, décès ou maladie d’un proche…), soit par des problématiques internes (angoisses de séparation, manque de confiance en soi, conflits psychiques…), n’évacuera pas son trouble par la parole.
Je n’ai jamais entendu un petit en consultation me dire : « Tu sais, Docteur, je me sens pas bien, je crois que je suis anxieux pour telle ou telle chose » !
Les enfants préfèrent décharger leur angoisse par une activité physique, ils vont ainsi se « dé-penser », c’est à dire bouger pour ne pas penser.

Vous l’aurez compris, poser un diagnostic psychiatrique comme l’hyperactivité permet aux parents d’éviter une remise en cause douloureuse, et aux maîtres ou soignants de faire l’économie d’une réflexion poussée sur leur travail auprès de l’enfant.
« Mon enfant ou votre enfant est hyperactif » devient alors une solution sentence, abandonnant l’enfant à ses angoisses internes !

Je crains que le succès du TDAH ne repose pas sur une réalité médicale, mais sur un échec de la pensée d’une société avide de réponses rapides et persécutée par toute introspection.
Bref, d’une société hyperactive…

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