La naissance du deuxième
« Comment annoncer ma grossesse à mon enfant ? »

L’arrivée d’un deuxième enfant est une immense joie pour les parents, mais est-ce le cas pour l’aîné ?
Cette nouvelle peut générer différentes réactions chez les plus jeunes.
Jalousie, angoisses, excitation et questions sur la sexualité sont souvent au rendez-vous.
Alors, ce petit frère ou cette petite sœur : bonheur ou cataclysme ?

Les parents s’interrogent souvent sur la manière d’annoncer une grossesse, et donc la venue d’un futur bébé, à leur enfant.
Papa et maman se creusent les méninges afin de trouver ces mots magiques qui garantiraient le bonheur de l’aîné et l’harmonie familiale.
Eh bien, chers parents, vous pouvez arrêter de chercher et vous reposer enfin… car ces mots n’existent pas !
Aucune phrase ne saura éviter à votre enfant les tourments engendrés par l’arrivée de cet invité surprise.
Vous pourrez tout au mieux atténuer ce choc, il devra apprendre à vivre avec et c’est très bien ainsi !

Pour atteindre ce modeste résultat, il va vous falloir réfléchir aux principaux enjeux psychiques auxquels votre enfant sera confronté, et ainsi adapter votre discours et vos comportements à venir.

Voici quelques tuyaux !

L’enfant va immédiatement s’inquiéter de la place de ce nouvel arrivant et des conséquences que cela aura pour lui.
Sera-t-il toujours aimé ? Se détournera-t-on de lui ?
En psychologie, on dit que cela va réchauffer ses angoisses de séparation.
En pratique, il va se demander s’il peut perdre l’amour de ses parents au profit de ce bébé.
Il n’est pas rare qu’il présente, de façon réactionnelle, des comportements régressifs, rejouant le bébé afin de coller la mère et de se cramponner à sa place initiale.
Mais rassurez-vous, ces éléments sont le plus souvent transitoires.
Pour apaiser cette inquiétude, vous pourrez lui expliquer que le cœur des parents est très grand et qu’il contient assez d’amour pour plusieurs enfants. Rien de ce qui lui a été donné ne lui sera repris, aucun enfant ne vole la place de l’autre.
De plus, en valorisant son nouveau statut de « grand », en vous montrant fiers et admiratifs de tous ses progrès et de son autonomisation, vous lui permettrez de surmonter avantageusement ses angoisses de séparation.
Ne plus être le « bébé de maman » doit être une perte relative, largement compensée par le plaisir et la fierté d’accéder à de nouvelles choses, et cela tout en gardant l’amour de papa et maman !

Certains parents zélés promettent à l’aîné que rien ne changera, qu’il restera le principal centre d’intérêt de la famille, voire le préféré.
Mais si chaque enfant est spécial, cette promesse est toxique à bien des égards.
Tout d’abord, elle valide l’idée qu’un enfant peut être préféré à un autre, ainsi rien ne lui garantit que dans le futur, ce « choix » ne se portera pas sur le cadet.
De plus, ce prétendu favoritisme générera bientôt une culpabilité vis-à-vis de ce petit frère ou de cette petite sœur qu’il ne tardera pas à chérir.
Et pour finir, ces tentatives de réassurances excessives intensifieront l’idée que grandir et se séparer un peu sont des affaires dangereuses, voire insurmontables.

Sachez aussi que l’arrivée du bébé amènera vos enfants à s’interroger sur la sexualité.
C’est d’ailleurs souvent à cette occasion qu’ils lanceront le fameux : « Comment on fait les bébés ? » (cf. l’article « graine ou cigogne »)…

Mais ne désespérez pas, car en dépit de tous ces enjeux psychiques (qu’il surmontera), il n’est pas impossible qu’il se réjouisse sincèrement de l’arrivée d’un petit copain (ou d’une petite copine) !

Ainsi, il n’y a pas lieu de vous angoisser outre mesure des réactions de votre enfant à l’annonce d’une grossesse.
Une inquiétude ou une culpabilité parentale trop grande serait interprétée par l’enfant comme le reflet d’une très mauvaise nouvelle.
Alors, si l’on peut être attentif à certaines angoisses de l’aîné, la naissance du deuxième doit rester une joie pleinement assumée par les parents !

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