Divorce et mode de garde

Comment choisir le meilleur mode de garde pour ses enfants lors d’un divorce ? Il s’agit pour les enfants d’un des enjeux majeur liés à la séparation des parents, et très souvent l’occasion de conflits et d’affrontements douloureux pour les ex-conjoints. Si le manque et les compromis s’avèrent inévitables, il est souhaitable que l’intérêt suprême de l’enfant guide ce choix.

Il existe plusieurs modes de garde, tous présentent leurs avantages et inconvénients.

• garde alternée : l’enfant passe au moins 40 % du temps avec chaque parent, en pratique une semaine sur deux, alternativement.

• garde partagée : l’enfant vit chez un parent, le plus souvent la mère, et passe un week-end sur deux et la moitié des vacances chez le père.

• garde partagée élargie : l’enfant passe un ou deux soirs fixes supplémentaires chez le parent qui n’a pas la résidence habituelle. Par exemple : une garde partagée plus le mardi soir chez le père.

En préambule, sachez qu’il n’existe pas de formule idéale, et méfiez-vous des conseils militant pour l’une ou l’autre des solutions (notamment de certains sites Internet !).

Il convient de choisir celle qui s’adaptera le mieux aux spécificités de votre famille (âge de l’enfant, envies et possibilités des parents…) et qui permettra de poser les bases d’une reconstruction saine et durable pour chacun des membres de la famille. L’équilibre des enfants dépend de celui des parents. Ainsi, il est important que la solution retenue soit supportable pour les deux ex-conjoints. Il ne doit pas y avoir de gagnants ni de perdants. Dans le cas contraire, instabilité et conflits chroniques ne manqueront pas d’être au rendez-vous. Prenez le temps d’en discuter, acceptez de réfléchir sainement aux arguments de l’autre, et n’hésitez pas à prendre conseil auprès de professionnels. L’enjeu est important.
L’enfant a besoin de maintenir des liens forts et continus avec ses deux parents, cela nécessite la présence régulière, répétée, et repérable de chacun à ses côtés.
Ainsi, le temps entre deux visites ne doit pas être trop long, ou irrégulier, et dans l’intervalle le contact doit être maintenu, notamment par des appels téléphoniques réguliers.
Parfois, les parents évitent d’appeler l’enfant lorsqu’il n’est pas chez eux, craignant de réchauffer le manque. Cependant, s’il n’est pas souhaitable de harceler l’enfant ou l’ex-conjoint, il est important que l’enfant n’alterne pas des moments de grande proximité avec des absences s’apparentant à des ruptures abandonniques.
Un rapide coup de fil (plus pour signifier l’intérêt maintenu du parent que pour discuter réellement) le soir ou un jour sur deux semble un compromis raisonnable.

De plus, les deux parents doivent rester investis des enjeux quotidiens (scolaires et domestiques) de l’enfant. Il doit exister une continuité dans sa vie avec papa et maman.
Le papa comme la maman ont besoin de temps avec leur enfant, et de communiquer sainement ensemble pour répondre à ces enjeux.

Quel que soit le mode de garde choisi, il doit permettre à chacun de garder sa place, l’enfant ne doit pas se muer en conjoint ou confident, et le père ne doit pas céder la place au copain. L’expérience clinique montre que ces dérives sont plus fréquentes dans les cas de garde partagée qui relègue souvent le père au second plan, tout en mettant la mère et l’enfant dans une proximité excessive.
Ainsi, il conviendra toujours de privilégier la qualité du temps passé avec son enfant à la quantité (destinée plus à l’apaisement de la culpabilité et de la douleur des parents qu’à l’épanouissement de l’enfant).

émission les maternelles du 25/11/11

http://les-maternelles.france5.fr/?page=emission&id_rubrique=4070

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